29 février 2008
Les Simpson Le Film - David Silverman (2007)
Revu avec grand plaisir hier soir. C'est du grand n'importe quoi, mais vraiment très très drôle. Les gags s'enchaînent sans temps mort et les scénaristes font preuve d'une impressionnate créativité. C'est parfaitement dans l'esprit de la série télé, un peu un épisode en plus long en fait... Non seulement c'est plus drôle que n'importe quelle comédie à la con, mais c'est en plus à la limite du génie parfois. Toujours très sarcastiques et grinçants, les créateurs n'hésitent pas à s'essayer à l'exercice périlleux de la mise en abîme. Forcément ce n'est pas du grand cinéma, mais c'est très bien foutu, très détendant, et puis c'est toujours un plaisir de retrouver les Simpson de toute façon ! Un des meilleurs films d'animation ricain de ce début de siècle ! Ni plus, ni moins !
Le Grand Sommeil - Howard Hawks (1946)
Voilà un film qui porte bien son nom ! Objectivement on ne peut évidemment pas reprocher grand chose à ce classique du film noir. C'est très beau, très propre, j'irais même jusqu'à dire que ça frôle la perfection. La mise en scène de Hawks est d'une élégance remarquable, Bogart est comme toujours parfait. Mais voilà, l'intrigue est incompréhensible avec un tas de fausses-pistes et de personnages, des retournements de situation à tout bout de champ... Impossible de s'y retrouver ! Hawks a d'ailleurs lui-même avoué ne rien comprendre à son film, donc forcément... Au bout d'une demi-heure, on en a déjà marre, seules quelques scènes très réussies viennent nous sortir de la torpeur. Une leçon de cinéma des plus ennuyeuses, en somme, et puis la qualité de la copie (et du son particulièrement) était assez désastreuse, ce qui gâche forcément le plaisir. On en vient à se dire que le numérique a du bon finalement... Bref, mieux vaut se taper Le Faucon Maltais, dans le même genre, très complexe aussi à défaut d'être ennuyeux. Beaucoup plus réussi que ce film assommant.
24 février 2008
La Sorcellerie à travers les âges - Benjamin Christensen (1921)
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sorcellerie sans jamais oser le demander... Docu-fiction suédois réalisé par un danois, Häxan est un film bien sympa, parsemé d'images inoubliables et de trouvailles esthétiques superbes. Parfois effrayantes, parfois très cocasses, les scènes de fiction alternent avec de nombreux cartons explicatifs et de véritables gravures. Le but est, dans un premier temps d'expliquer les pratiques de la sorcellerie au Moyen-Age et les pratiques sadiques de l'Inquisition, puis dans un deuxième temps de mettre tout ça en rapport avec le présent (y'a 87 ans de cela...). C'est dans cette deuxième partie que le film devient moins crédible avec ces histoires de folie hystérique qui expliquerait tous les comportements étranges de certaines femmes. Par contre, quand il expose le fait que les superstitions sont toujours présentes, Christensen est particulièrement pertinent. Beaucoup de scènes mémorables (le Sabbat où les sorcières embrassent le cul de Satan, une scène de folie dans un couvent...), beaucoup d'images inoubliables qui restent longtemps gravées dans notre esprit. Je ne sais pas trop quoi dire en fait, c'est des impressions, des sensations, c'est une expérience unique à vivre absolument. Passionnant, éblouissant.
23 février 2008
Johnny s'en va-t-en guerre - Dalton Trumbo (1971)
"S.O.S... Help me... S.O.S... Help me... S.O.S... Help me..." Imposible de ne pas pleurer devant un tel film. L'histoire la plus triste du monde d'un jeune homme américain durant la Première Guerre Mondiale qui s'engage dans l'armée et se prend un obus de plein fouet. Il reste alors cloué dans son lit d'hôpital, sans bras, sans jambes, sans yeux, sans pouvoir parler ni communiquer par n'importe quel moyen avec les gens de l'extérieur. Il reste en vie par miracle mais aussi à cause de l'incompétence des médecins qui le gardent en vie pour faire progresser la science, croyant qu'il est inconscient vu que son cerveau est atteint. Sa voix intérieure résonne tout le long du film, les images réelles alternent avec les images mentales et les souvenirs, séquences de cauchemar très lynchéennes, dialogues réels ou imaginaires, regrets, réflexions sur les notions de rêve et de réalité avec un génial Donald Sutherland déguisé en espèce de Jesus Christ superstar. La réalité et le rêve se mélangent et s'interpénètrent, c'est le vertige. Johnny got his gun est un film déroutant dans le sens où il ne verse jamais dans le pathos facile et n'hésite pas à utiliser le sarcasme pour faire passer son message. C'est bouleversant, d'une noirceur et d'un pessimisme déchirants, Trumbo, en adaptant son propre bouquin écrit en 1939, frappe là où ça fait mal et on n'en sort pas indemne. Esthétiquement ce n'est néanmoins pas toujours très beau (les séquences en couleur ont quelque chose qui rappelle les vieux sitcom), malgré quelques moments mémorables (la géniale séquence où Johnny compte les jours...). Comme quoi, 36 ans avant l'insipide Le Scaphandre et le papillon, un film arrivait à émouvoir sans effets faciles et sans esbrouffe... Le plus fort manifeste anti-militariste qui soit, un film à voir absolument.
22 février 2008
Les Césars 2008
Après le triomphe de Lady Chatterley l'année dernière (bon film ceci-dit bien que je ne sois pas aussi enthousiastes que d'autres à son sujet...), à qui le tour cette année ? Réponse ce soir ! On croise les doigts pour Kechiche :D ! En Bleu mes préférences, en Rouge les résultats (croyez pas que je suis patriotique, hein ! c'est juste comme ça... :D ) Avec DeCaunes et Rochefort en Maîtres de Cérémonie ça risque d'être pas mal !
Meilleur film
La Môme
Un secret
Le Scaphandre et le papillon
La Graine et le mulet
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Meilleur réalisateur
Olivier Dahan (La Môme)
Abdellatif Kechiche (La Graine et le mulet)
Claude Miller (Un secret)
André Téchiné (Les Témoins)
Julian Schnabel (Le Scaphandre et le papillon)
Meilleure actrice
Isabelle Carré (Anna M.)
Marion Cotillard (La Môme)
Cécile de France (Un secret)
Marina Foïs (Darling)
Catherine Frot (Odette Toutemonde)
*
Meilleur acteur
Mathieu Amalric (Le Scaphandre et le papillon)
Michel Blanc (Les Témoins)
Jean-Pierre Darroussin (Dialogue avec mon jardinier)
Vincent Lindon (Ceux qui restent)
Jean-Pierre Marielle (Faut que ça danse !)
*
Meilleur second rôle féminin
Julie Depardieu (Un secret)
Noémie Lvovsky (Actrices)
Bulle ogier (Faut que ça danse !)
Ludivine Sagnier (Un secret)
Sylvie Testud (La Môme)
Meilleur second rôle masculin
Fabrice Luchini (Molière)
Laurent Stocker (Ensemble c'est tout)
Michael Lonsdale (La Question humaine)
Pascal Greggory (La Môme)
Sami Bouajila (Les Témoins)
Meilleur espoir masculin
Nicolas Cazalé (Le Fils de l'épicier)
Grégoire Leprince-Ringuet (Les Chansons d'amour)
Johan Libéreau (Les Témoins)
Jocelyn Quivrin (99 francs)
Laurent Stocker (Ensemble c'est tout)
Meilleur espoir féminin
Louise Blachère (Naissance des pieuvres)
Adèle Henel (Naissance des pieuvres)
Hafsia Herzi (La Graine et le mulet)
Clotilde Hesme (Les Chansons d'amour)
Audrey Dana (Roman de gare)
Meilleur Scénario original
La Môme
Two days in Paris
La Graine et le mulet
Ceux qui restent
Molière
Meilleure adaptation
Ensemble c'est tout
Darling
Un secret
Le Scaphandre et le papillon
Persepolis
Meilleur premier film
Ceux qui restent
Et toi, t'es sur qui ?
Naissance des pieuvres
Persepolis
Tout est pardonné
Meilleur film étranger
4 mois, 3 semaines et 2 jours
De l'autre côté
La Nuit nous appartient
Les Promesses de l'ombre
La Vie des autres
Meilleur documentaire
Le Premier cri
L'Avocat de la terreur
Retour en Normandie
Les Animaux amoureux
Les Lip, l'imagination au pouvoir
Meilleur Montage
La Graine et le mulet
Un secret
La Môme
Persépolis
Le Scaphandre et le papillon
Meilleure Photo
Le Deuxième souffle
Un secret
L'Ennemi intime
Le Scaphandre et le papillon
La Môme
Meilleur Son
L'Ennemi intime
Les Chansons d'amour
Persépolis
La Môme
Le Scaphandre et le papillon
Meilleurs costumes
La Môme
Un secret
Le Deuxième souffle
Molière
Jacquou le croquant
Meilleur décor
Molière
Le Deuxième souffle
Un secret
Jacquou le croquant
La Môme
Meilleure musique
Les Chansons d'amour
Persépolis
L'Ennemi intime
Un secret
Faut que ça danse !
Bon bin ils sont assez d'accord avec moi dans l'ensemble hein ! ^^ Bon dommage pour les quelques évidences genre Cotillard, Amalric et La Vie des Autres, on aurait bien aimé que ça soit plus rock n' roll mais faut dire qu'ils n'ont pas volé leur prix ! Kechiche rafle tout pour la deuxième fois après l'excellent L'Esquive, et c'est amplement mérité pour ce magnifique film qu'est La Graine et le Mulet. Chapeaux bas !
De la vie des marionnettes - Ingmar Bergman (1980)
"On ne l'a pas aimé, mais il compte au nombre de mes meilleurs films" a dit Bergman à propos de De la vie des marionnettes. Le film est certes très bon, mais au final peu bergmanien. Pas du tout impersonnel, mais différent de ce à quoi nous avait habitué le maître suédois. Tourné en langue allemande en Allemagne de l'Ouest, donc loin de la terre natale du réalisateur, et avec des acteurs issus du monde du théâtre dont ne se détache aucune figure connue rencontrée précédemment chez Bergman, le film est certainement le plus noir et le plus désespéré de son auteur.
Très cru, très dérangeant, il sonne comme une sorte de conclusion des plus pessimistes. Les décors sont sordides (peep-show, cabinet de psychiatre...), il y a beaucoup de sexe (même s'il n'est pas forcément représenté), beaucoup de violence (même si elle n'est pas forcément physique). L'esthétique est très dépouillée, très sobre, loin du lyrisme de Cris et chuchotements. Très naturaliste dans sa démarche, De la vie des marionnettes est un film clinique d'une extrême noirceur. Il se présente comme une analyse minutieuse qui se clôt par une synthèse, un rapport psychiatrique qui recueille les témoignages de chaque protagoniste, analyse chaque personnage et chaque événement précédant et suivant la "catastrophe" pour aboutir à une déduction bouleversante. Très carré, parfaitement construit avec une chronologie éclatée parfaitement dosée, le film est d'une clarté déconcertante. Peut-être trop limpide, trop évident d'ailleurs...
Il est composé essentiellement de scènes de dialogue parfois longuettes mais qui prennent tout leur sens à la fin du film, et qui tentent de décortiquer, de décomposer les événements pour comprendre ce qui a bien pu conduire Peter Egermann au meurtre d'une prostituée. Bergman s'identifie complètement à ses personnages, s'inspire de sa vie et de personnes réellement côtoyées (l'homosexuel entre autres) : Flaubert disait "Madame Bovary, c'est moi", Bergman pourrait tout à fait reprendre cette formule pour Peter ou même Katarina. L'analyse psychologique est très fine, on est proche de la psychanalyse.
Comme dans Persona, Bergman poursuit son travail sur le gros plans et les visages pour un résultat fascinant qu'on pourrait passer des heures à analyser. Visages découpés, déformés par les cadres et les ombres; lacérés, maltraités, effrayants, impassibles. Les masques tombent peu à peu, les personnages se révèlent entièrement à nous. Loin de l'analyse socio-politique b
ateau, le réalisateur dénonce le conditionnement à la fois volontaire et involontaire des êtres par la société. C'est ce conditionnement qui a conduit Peter à l'asile psychiatrique, c'est ce conditionnement qui chaque jour détruit des vies. Nous devenons des marionnettes impuissantes, grimées, torturées, incapables de s'exprimer et d'extérioriser nos sentiments. Mais qui donc tire les ficelles ?
"Ce n'est qu'en tuant une personne qu'on la possède vraiment. Ce n'est qu'en se tuant qu'on se possède soit-même..."
Vera Cruz - Robert Aldrich (1954)
Les westerns, habituellement, ce n'est pas trop ma tasse de thé. Seuls Le train sifflera trois fois et Le Bon, la brute et le truand m'avaient réellement enchanté jusque là. A propos d'Aldrich, j'avais reçu beaucoup d'échos positifs et j'ai donc eu envie de découvrir son oeuvre, avec scepticisme, j'avoue. Mon baptême "aldrichien" a eu lieu au festival de Belfort avec la projection de Bronco Apache... où je me suis endormi... Ca n'avait pas l'air mal pourtant, mais rien à faire, la fatigue a pris le dessus.
J'ai donc retenté avec Vera Cruz, en DVD cette fois. Je dois dire que j'ai été très agréablement surpris. Un duo au sommet entre deux légendes d'Hollywood, l'immense Gary Cooper et le génial Burt Lancaster avec son inimitable sourire Colgate. Une amitié, une rivalité, les relations sont étranges, plutôt troubles.
Le professionnalisme d'Aldrich transparaît à chaque plan. La mise en scène est superbe avec quelques scènes d'anthologie (le magnifique plan où Lancaster découvre les Mexicains armés sur les toits). Le montage est frénétique et d'une précision incroyable, c'est d'ailleurs un des gros points forts du film. L'intrigue se suit avec intérêt, on ne s'ennuie pas une seconde. Trahisons, faux-semblants, beaucoup d'humour, les personnages sont passionnants, traités sans aucune concession, bien que l'on regrettera le final où Gary Cooper sombre dans le stéréotype du héros au grand coeur. Un très grand film tout de même.
21 février 2008
Les Contes de la Lune vague après la pluie - Kenji Mizoguchi (1954)
Dans le Japon du 16ème siècle, Genjuro et Tobei, deux paysans, rêvent d'une vie meilleure et partent à la ville affronter leur destin, laissant leurs femmes Miyagi et Ohama. Très graves, très tristes, ces Contes de la Lune vague sonnent comme une plainte élégiaque dénonçant la lâcheté des hommes face au délaissement des femmes.
Plein de poésie et empreint d'une infinie douceur, le film est aussi paradoxalement d'une extrême violence. Bouillonant, prêt à exploser, il contient sa rage et la laisse parfois s'échapper çà et là. L'univers de Mizoguchi où les fantômes côtoient les vivants est un monde plein de magie mais en même temps très dur et sans concession. Le malheur est partout, se cachant n'importe où pour surgir au moment où on s'y attend le moins, parfois par inadvertance (Miyagi tuée par la maladresse d'un soldat affamé) parfois avec cruauté et sadisme. Les destins des personnages semblent scellés, irrévocables, et même si le film se clôt sur un moment d'apaisement et de presque de plénitude, la mélancolie est toujours là.
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Avec sa caméra, Mizoguchi dessine le monde tel qu'il le voit, dans toute son "affreuse splendeur" et sa "sublime laideur". Son film prend parfois des allures d'estampe japonaise débordant de poésie, à la fois d'une grande simplicité et foisonnant de détails. "Peu d'effets de caméra, de travellings, mais soudain, quand ils jaillissent en cours de plan, ils ont une fulgurante beauté" écrivait Godard. Les contes de la Lune vague après la pluie ont participé à révéler le cinéma japonais (encore très peu exporté à l'époque) à l'Occident, et de la plus belle des façons. Un chef d'oeuvre, assurément, très beau et très triste. Je vais me mettre à Mizoguchi moi ! Hop dès la semaine prochaine je me matte La Vie d'O'Haru !
19 février 2008
L'Année Cinéma 2007
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INLAND EMPIRE
David Lynch
Zodiac
David Fincher
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Paranoid Park
Gus Van Sant

Control
Anton Corbijn
Eastern Promises (Les Promesses de l'ombre)
David Cronenberg
Youth Without Youth (L'Homme Sans Age)
Francis Ford Coppola

Persepolis
Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud
Still life
Jia Zhangke
Death Proof (Boulevard de la Mort)
Quentin Tarantino
La Graine et le Mulet
Abdellatif Kechiche
Ratatouille
Brad Bird
Ne touchez pas la hache
Jacques Rivette
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EXCELLENT
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La Nuit Nous Appartient - James Gray
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase
Le Rêve de Cassandre - Woody Allen
4 mois, 3 semaines et 2 jours - Cristian Mingiu
Nous les vivants (Du Levande) - Roy Andersson
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BON

Une vieille maîtresse - Catherine Breillat
La Visite de la Fanfare - Eran Kolirin
Un Secret - Claude Miller
Les Témoins - André Téchiné
Les Simpsons : le film - David Silverman
28 Semaines Plus Tard - Juan Carlos Fresnadillo
Angel - François Ozon
Planète Terreur - Robert Rodriguez
Blind mountain (Mang Shan)- Li Yang
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PAS MAL
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My blueberry nights - Wong Kar Wai
La Môme - Olivier Dahan
I am Legend - Francis Lawrence
La Fille Coupée en Deux - Claude Chabrol
L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford - Andrew Dominik
Les Chansons d'amour - Christophe Honoré
Les Climats - Nuri Bilge Ceylan
Spiderman 3 - Sam Raimi
Hairspray - Adam Shankman
Molière - Laurent Tirard
Un jour sur Terre - Alastair Fothergill & Mark Linfield
La Vie des Autres - Florian Henckel von Donnersmarck
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BOF
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Le Scaphandre et le Papillon - Julian Schnabel
This is England - Shane Meadows
Die Hard 4 : Retour en enfer
La France - Serge Bozon
Et toi, t'es sur qui ? - Lola Doillon
PVC-1 - Spiros Stathoulopoulos
Shrek Le Troisième - Chris Miller
Les Vacances de Mr Bean - Steve Bendelack
Deficit - Gael Garcia Bernal
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AUX CHIOTTES !
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Parpados Azules (Paupières Bleues) - Ernesto Contreras
Kuaile Gongchang (Pleasure Factory) - Ekachai Uekrongtham
L'Ennemi Intime - Florent Emilio Siri
28 Semaines Plus Tard - Juan Carlos Fresnadillo (2007)
28 Weeks Later
Des expériences scientifiques qui tournent mal, un virus qui se propage, une épidémie, l'apocalypse. Le pitch était bidon, et pourtant 28 jours plus tard fonctionnait plutôt pas mal... du moins dans sa première demi-heure. L'errance de Cillian Murphy dans ce Londres déserté restera longtemps gravée dans les mémoires de cinéphiles. Quelques moments de trouille intense, puis les héros quittaient Londres et le film quittait avec eux son meilleur atout pour sombrer dans l'ennui et la platitude. La déception était d'autant plus grande que l'on pouvait s'attendre après ce que l'on avait vu à l'un des tous meilleurs films du genre. Plus on s'éloignait de Londres, plus le film devenait mauvais, à croire que tout son potentiel résidait dans son décor. Certains ont pourtant crié au chef d'oeuvre à sa sortie, étonnamment. Quelques 240 semaines plus tard, soit presque 5 ans, une suite complètement inattendue débarque dans les salles obscures, avec cette fois non plus Danny Boyle à la réalisation, mais un quasi-inconnu au nom peu britannique : Juan Carlos Fresnadillo.
Force est de constater que celui-ci se débrouille bien mieux que son prédécesseur. Le pitch est toujours aussi nul, voire pire, mais c'est pourtant diablement efficace. La tension est cette fois-ci maintenue du début à la fin et on en sort presque essoufflé. C'est très convenu, certes, mais très réussi aussi. Le scénario se permet quelques fantaisies plutôt comiques, en multipliant les coïncidences et les incohérences, mais le film est du coup bien plus fun et déjanté que le premier opus. Très flippant aussi, très prenant, de sorte que l'on n'a pas le temps de s'ennuyer. Alors oui, il faut mettre ses neurones en stand-by, mais avouons que ça fait du bien de temps en temps, surtout quand comme ici, la qualité est au rendez-vous.
Boyle avait un sens de l'espace formidable dans le première demi-heure de son film, le montage était d'une précision remarquable, sa mise en scène était très impressionnante et multipliait les coups de maître. On avait l'impression d'espionner le héros, la caméra de cinéma devenait caméra de surveillance et on se sentait gêné, mal à l'aise mais aussi excité par ce voyeurisme morbide. Fresnadillo hausse d'un cran le réalisme, nous ne sommes plus des témoins impuissants de l'action, nous en faisons partie. La mise en scène est du coup plus approximative (parfois trop), très réaliste mais toujours aussi efficace, immitant parfois le style de l'opus précédent en lui insufflant une énergie bienvenue. Cependant, la plus grande qualité du film reste son montage : très ciselé, très rapide, très clippesque mais pas esbrouffeux pour un sous, parfaitement rythmé, lacérant l'espace et le mouvement, il agit sur le film comme une piqûre d'adrénaline, l'imprégnant d'un frénétisme éprouvant. Un feu d'artifices, un festival. Malgré son sujet effrayant, 28 semaines plus tard est un véritable plaisir.
Les ficelles du scénario sont grosses comme des maisons et on est pourtant tenu en haleine du début à la fin. Dès les premières images, on est balancé en plein dans le feu de l'action (comme dans le Dawn of the dead de Romero) et aucun répit ne nous sera accordé avant le générique. Ca explose, ça gicle, ça mitraille, ça déchiquète. Ce n'est pas très fin, on sent que c'est une grosse production, mais on s'amuse et ça ne manque pas de qualités cinématographiques. La sauce prend parfaitement et la recette fonctionne à merveille. La psychologie des personnages est réduite au strict minimum (lâcheté, culpabilité, amour...), mais on s'y attache pourtant et ils arrivent même parfois à nous émouvoir. Véritable concentré d'émotions fortes, 28 semaines plus tard est un paradoxe à lui tout seul qui ne cesse de se contredire. Banal mais surprenant, drôle mais effrayant, il multiplie les moments de pure fantaisie (coïncidences improbables et autres) en appuyant un maximum sur le réalisme de l'esthétique pour renforcer l'immersion. Quelques scènes truculentes (l'hélicoptère qui charcute les zombies), d'autres carrément flippantes, pour un concentré d'adrénaline revitalisant et terrorisant. On en sort complètement décoiffé !

















