31 mai 2008
Cannes 2008 : Le Palmarès

Palme d'Or
ENTRE LES MURS de Laurent Cantet
Grand Prix
GOMORRA de Matteo Garrone
Prix du 61e Festival de Cannes
Catherine Deneuve dans UN CONTE DE NOËL de Arnaud DESPLECHIN
Clint Eastwood pour L’ÉCHANGE (The Exchange)
Prix de la mise en scène
ÜÇ MAYMUN (Les Trois Singes) de Nuri Bilge Ceylan
Prix du Jury
IL DIVO de Paolo Sorrentino
Prix d'interprétation masculine
Benicio Del Toro dans CHE de Steven SODERBERGH
Prix d'interprétation féminine
Sandra Corveloni dans LINHA DE PASSE de Walter SALLES, Daniela THOMAS
Prix du scénario
LE SILENCE DE LORNA de Jean-Pierre et Luc DARDENNE
EN COMPETITION - COURTS METRAGES
Palme d'Or
MEGATRON de Marian Crisan
Prix du Jury
JERRYCAN de Julius Avery
CAMERA D'OR
HUNGER de Steve McQueen (Un Certain Regard)
Mention Spéciale Caméra d'Or
VSE UMRUT A JA OSTANUS (Ils mourront tous sauf moi) de Valeria Gaï GUERMANIKA (Semaine Internationale de la Critique)
UN CERTAIN REGARD
Prix Un Certain Regard - Fondation Gan pour le Cinéma
TULPAN de Sergey Dvortsevoy
Prix du Jury
TOKYO SONATA de Kurosawa Kiyoshi
Coup de Coeur du Jury
WOLKE 9 de Andreas Drese
Le K.O. du Certain Regard
TYSON de James Toback
Prix de l'espoir
JOHNNY MAD DOG de Jean-Stéphane SAUVAIRE
Bon. Bah voilà. Pas vu la Palme, une fois de plus et va falloir attendre octobre pour voir ce que ça donne. Enfin je ne sais pas pourquoi mais ça me tente très moyennement. Mais bon on va pas faire la fine bouche, ça faisait quand même 21 ans qu'on attendait que la France reçoive une Palme depuis Pialat et son Sous le Soleil de Satan... Content pour les Dardenne et Ceylan, mais je trouve aberrant que Valse avec Bachir ne figure pas au Palmarès (au moin Grand Prix ou Prix du Jury plutôt que ce Il Divo qui me fait déjà gerber), surtout qu'il correspondait parfaitement à la description qu'avait fait Sean Penn du film qu'il attendait (politique, social, etc...). Peut-être qu'ils n'avaient pas assez de couilles pour récompenser un film d'animation aussi novateur... Déçu aussi pour la formidable Arta Dobroshi, la Lorna des Dardenne, qui méritait une récompense pour sa performance, parce que bon, Sandra Corveloni joue très bien aussi mais son rôle est moins marquant (et le film aussi est bien moins marquant pour ne pas dire facilement oubliable). Et puis sinon pour Del Toro on s'y attendait évidemment, il le mérite sûrement, c'est un acteur très charismatique, mais ça manque de surprise... Malgré l'engouement sûrement exagéré de la critique, le film de Depleschin n'a pas été récompensé. A vrai dire, je m'y attendais car ça a l'air d'être du cinéma de bobo bien enfermé sur lui-même qui ne correspond pas du tout à ce qu'attendait Penn. D'ailleurs ça ne me tente pas le moins du monde (oui je sais, encore et toujours des préjugés mais j'y peut rien !). Enfin voilà pour les petites impressions un peu à la bourre
!
30 mai 2008
Control - Anton Corbijn (2007)
Ce n'est qu'après 4 visionnages du film que j'en ai saisi toute la grandeur et toute la beauté. Avant, je trouvais de faux défauts qui m'empêchaient de complètement adhérer au film même si je l'ai adoré dès la première fois. Intrigué et ému, je me le suis regardé à nouveau plusieurs fois, et au bout de la quatrième, tout m'a paru tellement évident, beau et limpide, que j'en ai tremblé et presque pleuré, j'ai même cru tomber de ma chaise. On en sort complètement lessivé, écrasé par cette tristesse infinie qui émane du film et de la musique de Joy Division. J'irais même jusqu'à dire (beaucoup diront que j'éxagère) qu'on tient là un des grands films du 21ème siècle, certes classique, mais un classique de très bonne facture. Traversé de fulgurances déchirantes qui jaillissent par-ci par-là, le film est d'une intensité rare et multiplie les grands moments de mise en scène. Impossible de ne pas frissonner pendant les extraordinaires scènes de concert où toute la maestria de Corbijn saute aux yeux ainsi que son époustouflant sens de l'espace et du montage. La sublime musique de Joy Division nous transperce et, mêlée aux images, acquiert une puissance nouvelle et inattendue. Superbe vision de la création artistique comme abîme plutôt que véritable libération. Ian, étouffé par la morosité de l'Angleterre en noir & blanc des années Thatcher, extériorise partiellement son mal-être à travers la musique, mais la douleur persiste et s'amplifie tandis qu'il perpétue ce processus sado-masochiste. La musique panse les plaies intérieures mais en ouvre d'autres plus gangreneuses et empuanties encore. Et Ian perdra le contrôle de sa vie une fois de trop...
Le drame qui se noue à l'intérieur du tourmenté Ian Curtis touche au plus profond et son suicide final nous submerge de chagrin. Pourtant, Anton Corbijn ne choisit pas le parti-pris casse-gueule du film psychanalytico-métaphysique et s'en tient aux faits. Il ne sonde pas le mal-être du jeune homme, il le contemple, le partage, le comprend sans plonger dans les arcanes de son esprit. Quelques questionnements existentiels et appels à l'aide désespérés dissimulés dans les paroles des chansons écrites pas Curtis nous aident à cerner son trouble, mais le réalisateur ne se prend pas pour Bergman et s'en tient à ce qu'a écrit Deborah (la femme de Ian) dans son livre. Il ne cherche pas plus loin, il accompagne de la plus belle des façons le chanteur vers sa déchéance, dans cette danse macabre vers la Mort. Pas de symbolique lourde, tout juste quelques furtives envolées lyriques, mais pourtant toujours cette obsession omniprésente et latente de la Mort.
Un portrait simple à hauteur d'homme d'une sobriété déchirante, qui évite les pièges du biopic et du film musical et refuse le sensationnel, pour donner au final un film intime sur un homme tout ce qu'il y a de plus normal malgré la fulgurance de son succès, dans toute sa beauté et sa lâcheté. On aura rarement vu un personnage principal aussi beau et attachant, on se sent proche de lui (enfin moi personnellement je m'y identifie beaucoup bien que je ne sois pas musicien) et sa disparition déchire le coeur. C'est un homme marié trop jeune, partagé entre sa vie de famille et sa maîtresse, un éternel enfant accablé qui s'enferme dans sa solitude pour se cacher du succès inattendu et insupportable qu'il ne veut pas vivre. Sam Riley, déjà définitivement un grand acteur qui mérite d'aller loin, livre une interprétation légendaire, adoptant les mimiques et l'attitude de Curtis sans singer ou bêtement imiter, il compose à la perfection un rôle magnifique qui restera sans doute celui de sa vie. Niveau esthétique, on voit que Corbijn a fait de la photo car c'est d'une beauté à couper le souffle. On attend en tout cas avec impatience de voir ce que ce réalisateur prometteur nous réserve à l'avenir...
"On regarde la vie dans un endroit inconnu, peut-être au bord de la noyade, est-ce comme ça que ça commence ?"
25 mai 2008
Cannes 2008 : Les Films (Suite)
Petits avis express mal rédigés et superficiels sur les films vus à Cannes... Juste pour donner une idée quoi...
SELECTION OFFICIELLE
Valse avec Bachir d'Ari Folman : Film fort sur la quête du souvenir et les horreurs de la guerre qu'on pourrait situer entre Persepolis, Redacted et Hiroshima mon amour pour simplifier (quel programme !). La démarche inédite d'Ari Folman, rappellant celle d'un psychanalyste dans le fond et d'un documentariste dans la forme, ne laissera personne indifférent et fait du film LA véritable révélation du Festival, seule oeuvre qualifiable d'originale et inventive cette année. Génial inventeur de formes, le cinéaste aborde avec brio une page sombre de l'Histoire paslestino-israëlienne, en faisant preuve d'une grande maîtrise aussi bien au niveau de l'animation que du scénario. Le film est rempli de fulgurances, d'instants de grâce bouleversants, et s'il n'est pas parfait, il n'en reste pas moins fascinant et passionant, un grand film qui mérite amplement sa place au palmarès.
Linha de Passe de Walter Salles & Daniela Thomas : Les films sud-américains, c'est toujours un peu pareil j'ai l'impression. Ici encore, c'est du cinoche social sans véritable originalité, pessimiste jusqu'à l'os et qui ne propose toujours rien de nouveau. Heureusement, le film évite la complaisance misérabiliste et les personnages sont attachants, évitant de justesse les clichés du genre. Mais le scénario est inintéressant et ne débouche sur rien au final. Tout le film, on attend quelque chose, et quand on sort de la salle, il ne reste que des impressions grisâtres et un vague sentiment de tristesse. Observer béatement la misère, ça ne suffit pas. Tout ça manque cruellement d'assaisonnement, d'inventivité, de couilles, à l'image de ce Festival 2008. Alors oui, on ne s'ennuie pas, c'est même plaisant à regarder et parfois émouvant, il y a des scènes même assez belles et intenses et c'est pas mal foutu visuellement, mais ça n'apporte rien, c'est du déjà vu.
Les Trois Singes de Nuri Bilge Ceylan : Je ne pensais pas qu'un film me donnerait envie de revoir Uzak et Les Climats. Et bien, après avoir vu Les 3 Singes, je me rend compte que je n'avais rien compris au cinéma de Ceylan. C'est toujours aussi tarkovskien et antonionien, donc toujours aussi lent et contemplatif, mais on sent une volonté de faire un film accessible cette fois, avec une intrigue capable de captiver un plus large public. Du coup, au début, on est en plein film noir, et puis ça se transforme doucement en tragédie familiale bouleversante. Une famille constamment au bord de l'explosion qui, malgré les efforts pour rester soudée, finira par éclater. Comme les trois singes de la sagesse du titre, l'un refuse de voir, l'autre d'entendre et le dernier de parler, et cette impossibilité inextricable de communication au sein de la famille et avec le monde extérieur finira par disloquer les êtres. Mais Ceylan ne verse pas dans le symbolisme lourd mais préfère se concentrer sur l'humain et réalise une oeuvre exigeante et saisissante à la beauté visuelle sidérante. Un grand film qui confirme l'immense talent du réalisateur turc. Celui-ci s'impose d'ores et déjà comme une des valeurs sûres du cinéma mondial et gageons qu'il risque de faire très fort dans l'avenir.
Le Silence de Lorna de Jean-Pierre & Luc Dardenne : La caméra a beau être plus posée et sage qu'à l'accoutumée, le cinéma des Dardenne n'en reste pas moins toujours aussi bouillonnant de rage, de tristesse et de pessimisme. Ca ressemble peut-être à ce que les frérots ont déjà fait, mais peu importe au vu de la claque cinématographique qu'on se prend. Le Silence de Lorna possède une force incroyable qui balaie tout sur son passage, l'émotion nous submerge littéralement, on ne peut qu'être captivé et bouleversé par la prestation incontestablement digne d'un prix d'interprétation de l'extraordinaire Arta Dobroshi. Une leçon de cinéma, un film d'une intelligence éblouissante.
La Frontière de l'Aube de Philippe Garrel : Film ridicule qui se veut exigeant et godardien et qui n'est en fait que navrant. Le scénario, qui mêle fantastique et romance est digne d'un épisode des Feux de l'Amour et l'ambiance snobinarde et parisienne assaisonnée de violons agaçants finit par carrément révulser. On sent cependant une nostalgie intéressante pour un certain cinéma muet (avec ces fermetures à l'iris) et pour la Nouvelle Vague, mais le film se résume au final à un exercice de style nombriliste et prétentieux, une caricature auteuriste involontaire dont on ne peut sauver que la superbe photographie N&B.
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UN CERTAIN REGARD
Soi Cowboy de Thomas Clay : Pur mystère que cet étrange et brusque changement de style en plein milieu du métrage, où le noir & blanc laisse place à la couleur, où une intrigue policière commence à poindre pour finalement semer encore plus la confusion, et où l'élégance et l'ampleur de la mise en scène de la première partie du film est remplacée par une caméra à l'épaule capricieuse et maladroite. La première partie du film, bien qu'excessivement comtemplative était néamoins intéressante dans son obsession du vide de la vie et du silence. Mais à force de se demander où le réalisateur veut-il en venir, on finit par s'ennuyer ferme. Flou artistique, néant nombriliste, désordre visuel. Thomas Clay pousse l'auto-satisfaction jusqu'à citer son propre film (The great ecstay of Robert Carmichael) et verse dans la provocation gratuite sans trouver son style et sans arriver à captiver. Reste quelques scènes saisissantes, quelques grands moments de mise en scène et la sympathie du personnage principal nonchalant à souhait.
Versailles de Pierre Schoeller : Rien de bien original dans le scénario, mais on est pourtant captivé du début à la fin, tellement les personnages sont attachants et la narration bien construite. Visuellement, c'est loin d'être magnifique, la photo est même assez moche, mais le film suit sa logique du début à la fin, en nous racontant sobrement et sans artifices mélodramatiques et visuels une histoire simple, belle et touchante. L'interprétation est au diapason pour nous faire passer un excellent et émouvant moment. Pierre Schoeller semble déjà être un cinéaste affirmé avec ses convictions et son style, laissons présager qu'il ira loin, ou du moins espérons-le.
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QUINZAINE DES REALISATEURS
Le Voyage aux Pyrénées d'Arnaud & Jean-Marie Larrieu : Une grosse blague de potache d'une heure et demie. C'est très drôle, sympathique, complètement déjanté et totalement décomplexé. Le film s'assume jusqu'au bout et n'hésite pas à verser dans le grand n'importe quoi jusqu'au délire complet final. Autant dire que c'est jouissif et rafraîchissant même si ce n'est pas du grand Cinéma. Darroussin et Azéma sont définitivement d'immenses comédiens et communiquent leur plaisir de jouer, on se croirait parfois en pleine improvisation. Le mot de la fin "Je ne suis qu'un comédien" donne tout son sens au film : une formidable mise en abyme, réflexion sur le rôle et la vie des acteurs. La vie n'est après tout qu'apparences et comédie, et le Cinéma et le théâtre sont le reflet de la vie.
Boogie de Muntean Radu : Assez mal mis en scène et photographié, Boogie souffre en plus de défauts narratifs et de carrences scénaristiques. On s'ennuie donc parfois mais les personnages valent à eux seuls le détour et certains dialogues, d'une force déconcertante, sont de grands moments de Cinéma. Pas extraordinaire mais éminnemment sympathique.
Eldorado de Bouli Lanners : Road movie rock n' roll et hilarant, Eldorado révèle un cinéaste/auteur/acteur au talent immense : le belge et très prometteur Bouli Lanners. Bourré d'idées et teinté d'une douce et magnifique mélancolie, le film est un enchantement, à la fois pour les yeux (la photographie et la mise en scène sont superbes) et pour le coeur. Cannes aura offert son lot de personnages attachants cette année (certains films sont même sauvés par ça), mais ceux d'Eldorado sont sans doute les plus beaux. Le film laisse une impression ensoleillée de bonheur et de nostalgie.
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SEMAINE DE LA CRITIQUE
La Sangre Brota de Pablo Fendrik : L'esthétique est intéressante, on peut même dire que l'aspect visuel du film est assez réussi. Mais à quoi bon si le scénario ne suis pas ? Pour faire simple, c'est mauvais, le film ne décolle jamais, n'aboutit à rien. Nerveux, violent, injustifié, La sangre brota est un film difficile mais il ne se sert pas de sa sécheresse et de sa violence (gratuite) pour servir un propos concret ou une cause. C'est vain, tout simplement, et inutile.
Les Grandes Personnes d'Anne Novion : Le film le plus attachant de cette année avec le plus beau personnage d'adolescente que j'aie pu voir au cinéma. Une histoire simple et émouvante sur l'éveil adolescent et les relations entre un père et sa fille, sans mièvrerie ni abus de bons sentiments. Une brise d'air frais tout droit venue de Suède qui fait du bien au Cinéma français empêtré dans son snobisme. Juste et touchant. Darroussin (doublement présent pour 2 films) est décidément un grand acteur et Anaïs Demoustier risque de faire parler d'elle.
Snijeg (Neige) d'Aida Begic : La vie d'un petit village bosniaque ravagé par la guerre où les femmes tentent désespérément de subsister. Le sujet avait de quoi allécher et le résultat, même s'il n'est pas à la hauteur de mes attentes a de quoi séduire. J'aurais personnellement aimé un truc plus contemplatif et poétique, car ça reste assez classique dans la forme et dans le scénario. Ce qu'il y a de bien, c'est que le film surprend beaucoup, il est toujours là où on ne l'attend pas, sans être pour autant fondamentalement original et novateur. Un sujet comme ça aurait mérité un traitement différent comme dit selon moi, ça manque de quelque chose quoi je trouve, mais le film n'en reste pas moins très bon, avec encore une fois des personnags inoubliables.
Nosebleed de Jeff Vespa (Court-métrage) : OVNI en noir & blanc où un homme saigne intenpestivement du nez. C'est étrange, dérangeant, très beau esthétiquement et déroutant. Ca correspond bien à l'idée que je me fais d'un C-M réussi.
La Copie de Coralie de Nicolas Engel (Court-Métrage) : Sorte de comédie musicale ridicule et mal foutue où les acteurs jouent et chantent comme des pieds.
Ergo de Gèza M. Toth (Court-Métrage) : Je ne sais pas ce que le gars a fumé avant d'écrire Ergo, mais en tout cas ça devait être de la bonne. Même si le résultat visuel n'est pas magnifique, c'est tout de même un très joli court d'animation avec un travail formidable sur le son.
Cannes 2008 : Les Films
Pas vu beaucoup de films encore une fois cette année, mais cette fois ce n'était pas la volonté qui manquait, j'aurais pu en voir facilement 3-4 de plus si une Roumaine ne m'avait pas volé mon porte-feuille... Du coup j'ai loupé à mon grand regret Liverpool, Le Chant des Oiseaux, Wolke 9, O'Horten, Shultes, Involontaires, Johnny Mad Dog, Tulpan, Wendy & Lucy, Tokyo !, Tokyo Sonata, Aftershcool, Ocean Flame, Home, De la guerre... Enfin bref ! Toujours est-il que la sélection était quand même assez décevante cette année il faut bien l'avouer, et malgré quelques très bons films le niveau reste plutôt moyen. Peu de véritables révélations, peu d'originalité, le Festival semble manquer sérieusement de couilles et d'inventivité cette année ! Et quand des sujets intéressants et inhabituels sont abordés, c'est avec maladresse et peu de finesse dans la plupart des cas (Eleve Libre en est le meilleur exemple)...
PETIT PALMARES PERSONNEL TOUTES SELECTIONS CONFONDUES

PALME D'OR
Valse avec Bachir - Ari Folman
2. Le Silence de Lorna - Jean-Pierre & Luc Dardenne
3. Les Trois Singes - Nuri Bilge Ceylan
4. Les Grandes Personnes - Anne Novion
5. Eldorado - Bouli Lanners
6. Versailles - Pierre Schoeller
7. Snijeg - Aida Begic
8. Boogie - Muntean Radu
9. Le Voyage aux Pyrénées - Arnaud & Jean-Marie Larrieu
10. Linha de Passe - Walter Salles & Daniela Thomas
FILMS BOF OU CARREMENT MAUVAIS
Soi Cowboy - Thomas Clay
La Fontière de l'Aube - Philippe Garrel
La Sangre Brota - Pablo Fendrik
FILMS PAS VU EN ENTIER POUR DIVERSES CAUSES
24 City - Jia Zhang Ke
Lola Montès - Max Ophüls
La Fête de la fille morte - Matheus Nachtergaele
Elève Libre - Joachim Lafosse
Salamandra - Pablo Agüero
COURTS-METRAGES
1. Nosebleed - Jeff Vespa
2. Ergo - Gèza M. Toth
3. La copie de Coralie - Nicolas Engel
23 mai 2008
Cannes 2008 : Les Photos
Tout d'abord, impressions mitigées vis-à-vis de ce néanmoins sympathique Festival 2008. Déjà le temps n'était pas au rendez-vous, l'ambiance n'y était pas non plus et les films n'étaient pas extraordinaires. Et puis il y a cette histoire de porte-feuille volé au Mac Do qui m'a fait perdre une journée (j'en peux plus du commissariat de Cannes !). J'ai loupé plein de trucs que je voulais voir du coup, mais bon, c'était quand même bien, y'a eu quelques moments inoubliables (la montée des Marches pour le Dardenne) et quelques stars croisées dans la rue (Lanmbert Wilson, Denisot, Laurent Weil, Amalric, Emmanuel Mouret... + Eastwood, Ceylan et Mike Tyson sur les Marches). La reprise des cours va être dure en tout cas !
J'ai fait une petite sélection de photos parmi les plus de 270 prises durant mon séjour...

Romain, Bruno et Benjamin dans la chambre avant la montée des Marches pour Linha de passe

Laure en mode Sirop dans la file d'attente du Miramar

Laure et Benjamin (et un bout des cheveux de Romain)

Robin, Aymerick, Hugo et Quentin en costard

Jocelyn dans la file d'attente devant Debussy

Romain et moi dans les Ray Ban à 5 euros d'Edouard

L'équipe du formidable "Les Grandes Personnes" Anne Novion, Jean-Pierre Darroussin et Anaïs Demoustier

Guillaume avec la montée des marches pour le film d'Eastwood derrière

Romain, Laure et Benjamin faisant les cons devant La Licorne

Laure au "checkpoint" le dernier jour

Benjamin sur les Marches pour La Frontière de l'Aube

Romain pelote un mannequin devant la boutique d'arnaques... euh de souvenirs

Laure en mode morse au Quick de l'aéroport

Moi, Romain et Laure sur les Marches
Photo de Benjamin

Les Parapluies sur les Marches pour Linha de Passe
Photo de Benjamin

En attendant sous la pluie de pouvoir monter les Marches
Photo de Benjamin

La file d'attente devant le Miramar

La montée des Marches pour "Le Silence de Lorna". La photo est moche, je l'ai prise avec mon téléphone mais je tenais à la mettre car c'était un grand moment !

Benjamin et Romain au Grand Palais

Les plantes désèchées sur le balcon de la chambre avec la piscine bruyante dans le flou ^^

Benjamin, Laure et Romain en haut des Marches

Inès et Canelle plongées dans Le Film Français devant Debussy

Seb fait son BG devant Debussy avec Mélanie de dos et Hugo et Quentin derrière :D

Mike Tyson à Cannes sur un journal

Tatiana, Marie, Canelle et Jocelyn devant Debussy

Mélanie en mode belle gosse et les autres devant Debussy

Edouard et ses Ray Ban à 5 euros ^^

Romain fait son BG au Quick avec Guillaume derrière

Edouard, Guillaume et Seb dans la file d'attente pour "Soi Cowboy"

Jocelyn avec ses lunette osbournesques et son sourire de psychopathe

Panneau publicitaire à pisser de rire

Dans la rue, la queue énorme pour Tarantino ^^

L'affiche du festival 2008 recréée
Photo de Guillaume

Romain fait son BG en costard devant la glace de la salle de bain

L'ombre de Jacob plane sur la Croisette

Romain sur la Croisette
Aymerick

Guillaume sur le point de pleurer ^^

Alison reine des palmiers
Quentin
12 mai 2008
Festival de Cannes 2008
Site off du Festival : http://www.festival-cannes.fr/fr.html
Site off de la Quinzaine des Réalisateurs : http://www.quinzaine-realisateurs.com/
Site off de la Semaine de la Critique : http://www.semainedelacritique.com/
Scanners - David Cronenberg (1980)
Petite note rapide sur ce film pour le moins singulier du génial David Cronenbourg (désolé). On sait le bonhomme très adepte de la science-fiction et du gore, il s'en donne ici à coeur joie, en brodant autour de ses thématiques habituelles. Scanners est un film cérébral (au sens propre comme au figuré), drôle et jouissif en plus d'être intelligent, réflexion intéressante sur le cerveau, son fonctionnement et ses pouvoirs en même temps que sur cette utopie chimérique que l'on a tous rêvé de maîtriser un jour qu'est la télépathie. Le scénario sans être d'une originalité folle est très bien construit et multiplie habilement les rebondissements, et le film assume totalement son côté kitsch et fantaisiste. Le final est en outre excellent. Visuellement, c'est la totale maîtrise avec un montage précis et une mise en scène parfaite, quelques scènes d'actions superbement bien menées. Bref, peut-être pas le plus grand Cronenberg, mais un film à voir aussi bien pour les fans du gars que pour le pur fun, plus dans la lignée de Chromosome 3 que de Videodrome mais tout à fait excellent. Voilà je tenais quand même à en parler, même brièvement (le temps et l'envie me manquent pour développer davantage), car c'est l'exemple même du petit film de série B réussi qui fait plaisir à voir, sans lourdeur, sans prise de tête, intelligent tout en restant comique.
08 mai 2008
Crash ! - James Graham Ballard
Entre anticipation et roman pornographique, Ballard construit un bouquin passionnant d'une finesse, d'une complexité et d'une perversité déconcertantes. Dans un monde envahi par la technologie où l'orgasme suprême semble être le suicide automobile, James et sa femme Catherine font l'expérience d'une nouvelle sexualité, guidés par le troublant et messianique Vaughan. Le sexe se mécanise, les êtres se déshumanisent au fur et à mesure, les hommes font l'amour dans les voitures, avec les voitures, excités par le mélange de chair et d'acier, les collisions deviennent un moyen d'extérioriser ses pulsions. Les corps épousent les formes des véhicules, le sperme et les sécrétions anales et vaginales se mêlent à la tôle de la carosserie et au vinylle des sièges, et de cette nouvelle fusion naît une infinité de perversités inédites, fondées sur l'interpénétration de la chair et de l'acier. Ainsi, Ballard interroge sur les rapports entre l'Homme et la Machine d'une manière tout à fait originale et la quête presque métaphysique du personnage principal devient au lieu d'une initiation à la vie une initiation à la Mort. La mort christique de Vaughan donne ainsi lieu à un magnifique pèlerinage automobile qui conclut le livre de la plus belle et la plus étrange des manières. Je vais revoir (pour la quatrième fois) le chef d'oeuvre qu'en a fait David Cronenberg et peut-être m'essayer à une petite analyse comparative entre le film et le bouquin.
02 mai 2008
Monika (Un été avec Monika) - Ingmar Bergman (1952)
C'est toujours un plaisir de revoir Monika, le genre de films qu'on porte dans son coeur à jamais, qui vous emportent, vous font rêver, rire et pleurer, tout ça en l'espace de 90 minutes. C'est une oeuvre intime et universelle, à la fois légère et grave, très dense et emprunte d'une mélancolie déchirante, toujours à la limite du trop-plein d'images, de sentiments et de sensations. C'est carrément fou tout ce qui peut émaner de ce film ! Je suis tolérant mais je ne peux pas comprendre qu'on n'aime pas Monika. C'est tellement beau, tellement juste, tellement bouleversant, tellement... tout. Paradoxalement simple et complexe à la fois, le film s'attarde autant sur les sentiments que sur la psychologie des personnages (Bergman oblige) pour un résultat infiniment touchant qui balaie tout sur son passage.
L'idylle tragique de Monika et Harry n'est en fait qu'un fragment, à la fois infime et fondamentalement important, l'évocation d'un morceau de deux destinées parmi tant d'autres qui se rencontrent et se séparent. Lors du dernier plan, la caméra s'attarde sur les affairements de plusieurs vieux alcooliques anonymes dans la rue après qu'Harry soit sorti du champ (un champ dans le champ en fait puisque la caméra fixe un miroir), comme pour souligner la reprise du cours de la vie ; les destinées d'Harry, Monika et leur enfant finissent par s'inscrire au milieu de celles des autres. Après avoir voulu s'émanciper de la société sur leur île, ils finissent par se rendre à l'évidence et reviennent à Stockholm pour entamer une vie banale qui les conduira à la séparation. L'idylle n'aura duré que l'espace de quelques mois, en marge du monde et des hommes, mais les assauts successifs de la société pour s'emparer à nouveau des deux tourteraux auront fini par avoir raison de leur détermination et de leur amour. Monika c'est l'illustration, à travers deux personnages tout ce qu'il y a de plus normaux, de la complexité et de la triste banalité de l'existence. La vie prend tout son sens dans les moments simples de bonheur et de plénitude (une danse en solitaire au bord de l'eau, une nuit d'amour sur un bateau, une cigarette fumée à deux autour d'un réchaud...), et peu importent finalement la tristesse et l'amertume puisque le souvenir de ces moments demeure pour que l'on puisse s'y réfugier. Un Bergman moins pessimiste qu'à l'accoutumée donc, même si la conclusion est tragique.
On remarque tout de suite la ressemblance évidente avec le formidable Jeux d'été, réalisé en 1950 par Bergman également. Mais il y a une touche plus sociale et philosophique dans Monika avec l'évocation de ce milieu ouvrier à Stockholm où les jeunes, prisonniers de leur condition misérable rêvent d'évasion. "Pourquoi certaines personnes ont la vie si faciles ?" demande Monika à Harry. La question reste sans réponse, dressant un constat amère de l'injustice sociale. Le personnage de Monika, tiraillé par ses sentiments et ses ambitions inaccessibles, nous révèle frontalement sa détresse à travers ce regard-caméra célébrissime vers la fin du film, alors qu'on la prenait pour une garce qui ne sait pas ce qu'elle veut. Cette scène est d'une force écrasante, Bergman ose ce procédé casse-gueule et réussit un tour de force bouleversant, le regard de la sublime Harriett Andersson nous transperce littéralement, transcandant l'écran pour nous toucher en plein coeur. Esthétiquement, c'est la perfection, Bergman commence à réellement s'affirmer affiche un style très intéressant qu'il abandonnera plus ou moins par la suite pour se consacrer pleinement à son travail sur le gros plan. Mises au point somptueuses, paysages magnifiquement photographiés, mise en scène ingénieuse, recadrages élégants, travellings superbes où la caméra semble amoureuse des personnages qu'elle suit... Les moments de pure grâce s'enchaînent pour un résultat digne des plus grands Bergman. Sans doute un des plus beaux films du monde.










































