14 septembre 2008

Persepolis - Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud (2007)

persepolis
Chah perché

2007 était quand même une année Cinéma sacrément riche. Entre tous les grands films pondus par des valeurs sûrés comme Lynch, Coppola, Cronenberg, Rivette, Van Sant, Tarantino ou Gray, s'est distingué un très beau et bouleversant film d'animation français. Ce film, c'est Persepolis, réalisé par les dessinateurs de BD débutant dans le cinéma Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Sa diffusion sur Canal+ Cinéma m'a permis de le revoir, et malgré son succès plutôt conséquent en salles je n'ai pas pu m'empêcher de me dire qu'un film comme ça devrait être encore plus vu et mieux distribué. C'est une véritable leçon de vie, un modèle de pensée et pourtant jamais pompeusement didactique. Un film plus que jamais engagé et plein de maturité.

En apparence, un truc hyper-formaté pour parigos gauchos adeptes d'exotisme snobinard. Alors oui, le film est bel et bien de gauche, (bien plus que n'importe quel film qui se revendique prétentieusement de gauche, et il y e a pléthore), ce qui n'est absolument pas un défaut en soi, mais il a le mérite d'aller bien au-delà de ça. Le film revendique ses idées politiques en toute modestie, sans lourdeur, avec auto-dérision parfois et un esprit critique très affuté. Et puis c'est aussi un drame familial extrêmement poignant (on se surprend à verser une petite larme quelquefois), une oeuvre autobiographique tendre et sincère, truffée de personnages incroyablement attachants. Satrapi intègre sa "petite" histoire dans la grande Histoire et aborde des tonnes thématiques passionnantes mais casse-gueules traitées ici avec une finesse et une intelligence déconcertantes.

C'est rempli d'idées de Cinéma, de trouvailles esthétiques vraiment chouettes et de références culturelles intelligentes et décalées allant de Munch à Klimt, en passant par ABBA, les Bee Gees et Iron Maiden. Persepolis stimule la conscience politique, c'est un hymne à la tolérance et à la paix jamais niais, toujours juste. L'humour parfois très corrosif est omniprésent, ça lance des "merde", "bite", "cons", "couilles", "connard" à tout va (bah ouais, ça a beau être un film d'animation c'est pas tellement pour les gosses), et ça reste très fin, très poétique, toujours infiniment mélancolique. Jamais le film ne tombe dans le pathos et livre des moments déchirants de pure émotion et de larmes. Un film d'animation pour adultes, fait par des adultes conscients, matures et généreusement militants. Tant qu'il y aura des films comme ça, il y aura de l'espoir.

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Posté par straw dogs à 15:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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